Peut-on prétendre incarner la vertu morale tout en accumulant, siècle après siècle, des responsabilités historiques jamais assumées ? C’est la question frontale que pose Xavier Moreau dans « Le Livre Noir de la Gauche Française« , essai polémique publié en 2021 et préfacé par le philosophe Yannick Jaffré. Loin de toute neutralité historiographique, cet ouvrage de 182 pages s’inscrit délibérément dans la tradition des « livres noirs » : non pas une histoire consensuelle, mais une contre-histoire militante qui relit plus de deux siècles de vie politique française à travers le prisme de la violence, de la trahison et de la responsabilité occultée.
Contextualisation : Un Livre Au Cœur des Guerres Mémorielles Françaises
La publication du « Livre Noir de la Gauche Française » en décembre 2021 intervient dans un contexte politique et intellectuel particulièrement tendu. La France traverse alors une période de polarisation politique intense, marquée par l’affaiblissement électoral des partis traditionnels de gauche et par l’émergence de nouveaux clivages qui fracturent le paysage idéologique français.
Le livre s’inscrit dans une séquence historique où la gauche française connaît une crise existentielle profonde. Après la déroute électorale de 2017 qui a vu l’effondrement du Parti Socialiste, puis les divisions internes entre gauche sociale, gauche sociétale et gauche radicale, le camp progressiste apparaît fragmenté et en quête de repères. C’est précisément ce moment de faiblesse que choisit Xavier Moreau pour publier sa charge critique.
L’ouvrage arrive également dans un contexte marqué par les « guerres mémorielles » qui traversent la société française. Les débats sur le colonialisme, la République et ses valeurs, la laïcité, l’identité nationale alimentent des controverses permanentes. La question de savoir qui détient le monopole de la légitimité morale en politique est devenue un enjeu central du débat public. Xavier Moreau s’attaque frontalement à cette prétention de la gauche à incarner, par essence, le camp du Bien.
L’auteur s’inscrit dans une tradition critique de la gauche qui remonte aux écrits d’intellectuels dissidents, mais qui se déploie ici depuis une perspective explicitement conservatrice et souverainiste. Son analyse bénéficie d’une audience significative via sa plateforme Stratpol, site d’analyse géopolitique fondé en 2013, qui compte des dizaines de milliers de lecteurs et abonnés.
Le contexte éditorial est également significatif : l’ouvrage est auto-édité via TheBookEdition et distribué par l’éditeur Stratpol, ce qui témoigne d’une volonté d’indépendance vis-à-vis des circuits éditoriaux traditionnels, souvent perçus par l’auteur comme dominés par une intelligentsia de gauche.
Résumé Détaillé : Déconstruction Systématique d’un Mythe Fondateur
La Thèse Centrale : La Morale Comme Instrument de Pouvoir
Le postulat de départ du livre est d’une clarté radicale : depuis 1792, la gauche française se serait construite non seulement comme une force politique parmi d’autres, mais comme une instance morale autoproclamée, jugeant la droite, les traditions et parfois le peuple lui-même comme archaïques, ignorants ou moralement inférieurs.
Cette posture morale aurait servi, selon Xavier Moreau, de légitimation permanente à l’exercice de la violence politique sous toutes ses formes : violence révolutionnaire (Terreur, noyades de Nantes, guerre de Vendée), violence institutionnelle (persécutions religieuses, lois d’exception), violence coloniale (conquête de l’Algérie, expéditions punitives), violence idéologique (soutien aux régimes communistes, relativisation des crimes staliniens).
Le fil conducteur est simple mais puissant : lorsque la gauche gouverne, ses actes contredisent systématiquement ses principes proclamés, sans jamais produire de véritable autocritique. L’auteur identifie ainsi une constante historique qu’il nomme l’hypocrisie progressiste : la capacité à invoquer les droits de l’homme tout en les violant, à défendre le peuple tout en le méprisant, à proclamer la fraternité tout en pratiquant l’exclusion violente.
1792 : L’Acte Fondateur et la Matrice Révolutionnaire
Xavier Moreau fait de la Révolution française, et plus précisément de la période 1792-1794 (Convention, Terreur), le moment matriciel de la gauche politique française. Il y voit la naissance d’un modèle qui se répétera ensuite pendant deux siècles : la prétention à représenter le Bien absolu, autorisant l’élimination physique ou symbolique de l’adversaire.
La guillotine devient dans son récit le symbole d’une violence légale exercée au nom du progrès. La guerre civile vendéenne, présentée par certains historiens comme un génocide, illustre selon lui la capacité de la gauche à justifier les pires atrocités lorsqu’elles visent des « ennemis de la Révolution ». Les colonnes infernales de Turreau, les noyades de Nantes ordonnées par Carrier, la répression lyonnaise constituent autant d’exemples d’une violence d’État exercée au nom du peuple abstrait contre le peuple réel.
Moreau insiste sur le paradoxe fondateur : la Révolution proclame les droits de l’homme tout en instaurant un régime de terreur qui nie ces mêmes droits. Cette contradiction, loin d’être un accident historique, serait la clé de compréhension de toute l’histoire ultérieure de la gauche française.
Le XIXe Siècle : République Anticléricale et Colonialisme Progressiste
L’auteur poursuit son analyse avec le XIXe siècle républicain. Il s’attarde particulièrement sur la Troisième République (1870-1940), souvent présentée comme l’âge d’or du progressisme français. Xavier Moreau en propose une relecture critique centrée sur deux angles morts de la mythologie républicaine.
Premier angle mort : l’anticléricalisme persécuteur. Les lois Ferry sur l’école, les lois de séparation, l’expulsion des congrégations religieuses sont présentées non comme des mesures d’émancipation, mais comme une entreprise de persécution systématique du catholicisme français. L’auteur documente les fermetures d’écoles, les expulsions de religieux, les confiscations de biens, montrant comment une certaine gauche républicaine a mené une véritable guerre culturelle contre une partie de la population française.
Deuxième angle mort : le colonialisme républicain. Moreau insiste lourdement sur le fait que l’expansion coloniale française (conquête de l’Algérie, conquête de l’Indochine, pacification de Madagascar) a été largement portée par des gouvernements de gauche ou de centre-gauche. Jules Ferry, héros républicain et père de l’école laïque, était également un partisan résolu de la colonisation, qu’il justifiait par le « devoir des races supérieures d’éduquer les races inférieures ».
Cette contradiction entre universalisme proclamé et domination coloniale pratiquée constitue, selon l’auteur, une hypocrisie fondamentale. La gauche aurait ainsi participé activement à l’entreprise coloniale tout en développant un discours civilisateur qui masquait la violence réelle de la conquête.
Le XXe Siècle : Les Compromissions Totalitaires
Le chapitre consacré au XXe siècle est sans doute le plus virulent du livre. Xavier Moreau y aborde frontalement le rapport de la gauche française aux totalitarismes communistes, sujet qui reste une plaie ouverte dans l’histoire intellectuelle française.
Il documente le soutien d’une partie significative de la gauche intellectuelle et politique française à l’Union Soviétique, même après la révélation des crimes staliniens. Les voyages d’intellectuels en URSS, les comptes rendus élogieux malgré les évidences de la terreur, le refus obstiné d’admettre la réalité du goulag sont présentés comme autant de preuves d’un aveuglement idéologique volontaire.
L’auteur évoque également les silences de la gauche face aux révélations de Soljenitsyne, les relativisations face aux millions de morts du communisme, et la capacité d’une partie du Parti Communiste Français à maintenir son influence malgré son alignement sur Moscou pendant la Guerre froide.
Il s’attarde sur des figures comme Maurice Thorez, secrétaire général du PCF qui passa la guerre à Moscou, ou sur certains intellectuels qui continuèrent à défendre le modèle soviétique bien après les révélations du rapport Khrouchtchev de 1956.
Moreau étend également sa critique à d’autres épisodes : le soutien de certains intellectuels de gauche aux Khmers rouges cambodgiens, les hésitations face à la Chine maoïste, la complaisance envers Castro à Cuba. Partout, il identifie une constante : la capacité de la gauche à excuser les crimes commis au nom du socialisme tout en dénonçant avec intransigeance ceux commis par les régimes de droite.
La Gauche Contemporaine : De la Classe Ouvrière aux Minorités Identitaires
Les chapitres consacrés à la période récente s’attaquent à la gauche post-industrielle, celle qui émerge après l’effondrement du communisme et la mutation du paysage social français. Xavier Moreau y développe une critique de la gauche « sociétale » qu’il oppose à l’ancienne gauche « sociale ».
L’abandon du peuple réel. L’auteur accuse la gauche contemporaine d’avoir abandonné les classes populaires blanches au profit d’une coalition composite de minorités (ethniques, sexuelles, culturelles). Il y voit une trahison de la mission historique de la gauche : l’émancipation du prolétariat.
La gestion technocratique. Moreau critique vigoureusement les gouvernements socialistes de François Mitterrand (1981-1995) et de François Hollande (2012-2017), présentés comme des gestionnaires néolibéraux déguisés en progressistes. Le tournant de la rigueur en 1983, les privatisations, l’acceptation de l’intégration européenne sont vus comme des renoncements aux principes socialistes.
L’européisme dogmatique. L’abandon de la souveraineté nationale au profit de l’Union européenne est présenté comme une trahison démocratique majeure, illustrée notamment par le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen : le peuple vote « non », mais la classe politique (dont la gauche socialiste) impose quand même le traité de Lisbonne en 2008.
La morale comme arme de disqualification. Xavier Moreau développe longuement l’idée que la gauche contemporaine a transformé le débat politique en procès moral permanent. Ne pouvant plus convaincre par les résultats économiques ou sociaux, elle aurait recours à la stigmatisation : quiconque s’oppose à ses propositions est taxé de raciste, xénophobe, homophobe, fasciste. Cette « police de la pensée » serait devenue le principal outil de pouvoir d’une gauche à bout d’arguments rationnels.
L’auteur voit dans le macronisme une forme de synthèse de cette gauche décomposée : libéralisme économique assumé, progressisme sociétal dogmatique, mépris élitiste pour le peuple, européisme sans nuance.
Une Architecture Polémique Mais Structurée
Il est important de souligner la méthode de Xavier Moreau : il ne s’agit pas d’un pamphlet désordonné, mais d’un essai structuré qui procède par accumulation d’exemples historiques organisés chronologiquement. Chaque chapitre cible une période et des mécanismes spécifiques, tout en maintenant le fil rouge de la thèse centrale.
L’ouvrage se caractérise par un usage abondant de notes de bas de page, de références historiques, de citations. Cette érudition apparente vise à donner une légitimité académique à une démarche qui est fondamentalement polémique. La préface de Yannick Jaffré, philosophe et président du Collectif Racine, inscrit clairement le livre dans une démarche de rupture avec l’historiographie dominante, accusée de minimiser, relativiser ou excuser les violences de gauche tout en absolutisant celles de droite.
À Qui S’Adresse Ce Livre ?
« Le Livre Noir de la Gauche Française » trouvera son lectorat parmi :
- Les électeurs déçus ou critiques de la gauche qui cherchent une explication systématique à leurs griefs
- Les lecteurs de droite et d’extrême-droite qui souhaitent disposer d’une contre-histoire structurée pour nourrir leurs arguments
- Les passionnés d’histoire politique alternative, curieux de lectures qui remettent en question les récits dominants
- Les amateurs d’essais polémiques appréciant les thèses fortes et les démonstrations assumées
- Les lecteurs intéressés par les guerres mémorielles qui traversent la société française contemporaine
- Ceux qui suivent les analyses géopolitiques de Xavier Moreau via Stratpol et souhaitent découvrir sa vision de l’histoire française
Le livre suppose toutefois une capacité à prendre de la distance critique. Il s’agit d’un ouvrage à thèse, qui ne cherche pas l’équilibre mais la cohérence argumentative dans une perspective ouvertement hostile à son objet d’étude.
Xavier Moreau : Portrait d’un Analyste Controversé
Xavier Moreau, né le 25 octobre 1971, est un analyste géopolitique français au parcours atypique qui suscite autant d’adhésion que de controverses. Diplômé de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr (promotion Général de Boissieu, 1991-1994) et titulaire d’un DEA en histoire des relations internationales de la Sorbonne (Paris IV) obtenu en 1995, il entame sa carrière comme lieutenant parachutiste au 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes de 1996 à 1999.
En 1999, Xavier Moreau démissionne de l’armée et s’installe à Moscou où il se reconvertit dans le conseil en sûreté des affaires et l’informatique. Il fonde la société LinkIT Vostok, spécialisée dans le conseil aux entreprises internationales opérant dans l’espace post-soviétique. Cette double expertise militaire et économique lui confère une connaissance approfondie de la Russie et des anciennes républiques soviétiques.
En 2012, il publie son premier ouvrage majeur, « La Nouvelle Grande Russie : De l’effondrement de l’URSS au retour de Vladimir Poutine » (Éditions Ellipses), dans lequel il analyse le redressement russe sous l’ère Poutine. Cet ouvrage le positionne comme un des rares analystes francophones favorables à la Russie contemporaine, dans un contexte médiatique occidental largement critique du Kremlin.
En 2013, il obtient la citoyenneté russe, consolidant son ancrage dans le pays. Cette naturalisation renforce sa légitimité d’observateur de l’intérieur, mais suscite également des questionnements sur son indépendance analytique. La même année, il co-fonde Stratpol, plateforme d’analyse géopolitique qui devient rapidement une référence pour les lecteurs français cherchant un point de vue alternatif sur les relations internationales, particulièrement concernant la Russie et l’Ukraine.
Son positionnement pro-russe s’affirme particulièrement avec la publication en 2015 d’ »Ukraine, pourquoi la France s’est trompée » (Éditions du Rocher), préfacé par Thierry Mariani, député européen connu pour ses positions russophiles. Xavier Moreau y défend la thèse selon laquelle la révolution de Maïdan de 2014 serait un coup d’État orchestré par Washington, thèse largement rejetée par les spécialistes universitaires de l’Ukraine.
Depuis février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Xavier Moreau a multiplié les interventions médiatiques pour défendre la position russe, affirmant notamment que la victoire russe est inévitable et que les sanctions occidentales n’ont aucun effet. Ces prises de position lui ont valu d’être inscrit en décembre 2025 sur la liste noire de l’Union européenne des personnes diffusant la propagande russe, avec un gel de ses avoirs et une interdiction de voyage dans l’UE.
Sa chaîne YouTube Stratpol, qui comptait des dizaines de milliers d’abonnés, a été supprimée en octobre 2022 par la plateforme pour « violations répétées des règles concernant la désinformation ». Il a depuis migré vers des plateformes alternatives comme Odyssée et Rumble.
Controversé, qualifié de propagandiste par ses détracteurs et d’analyste indépendant par ses partisans, Xavier Moreau incarne une voix dissidente dans le paysage médiatique français, représentant un courant souverainiste et pro-russe minoritaire mais actif dans le débat public.
Yannick Jaffré : Le Préfacier Philosophe
Yannick Jaffré, né en 1974, est professeur agrégé de philosophie et président du Collectif Racine, association fondée en 2006 par des enseignants dénonçant les réformes scolaires qu’ils jugent destructrices de l’instruction publique. Le Collectif Racine se positionne pour « la sauvegarde des savoirs et des humanités » contre ce qu’il perçoit comme la dégradation du système éducatif français.
Philosophe engagé, Yannick Jaffré a publié plusieurs essais dont « Vladimir Bonaparte Poutine : essai sur la naissance des républiques », qui établit des parallèles entre Napoléon et Vladimir Poutine dans leur rapport à la construction républicaine. Cette thématique révèle un intérêt marqué pour la Russie contemporaine et une lecture critique de l’atlantisme occidental.
Sa préface au « Livre Noir de la Gauche Française » inscrit clairement l’ouvrage dans une démarche de rupture intellectuelle avec l’historiographie dominante. Jaffré y défend l’idée que l’histoire politique française a été largement écrite par les vainqueurs, c’est-à-dire par la gauche républicaine, et qu’il est nécessaire de proposer des contre-récits pour rééquilibrer le débat mémoriel.
Glossaire : Les Concepts Clés
Contre-histoire : Approche historiographique qui propose une relecture critique des récits historiques dominants, en mettant en lumière des faits occultés ou minimisés. Contrairement à l’histoire académique qui vise l’objectivité, la contre-histoire assume une dimension militante et cherche à déconstruire les mythes fondateurs d’un camp politique.
Livre noir : Genre éditorial qui compile et documente les crimes, exactions et responsabilités historiques attribuées à un régime, une idéologie ou un mouvement politique. Le terme fait référence au « Livre noir du communisme » (1997) qui a recensé les victimes des régimes communistes au XXe siècle.
Guerre de Vendée : Conflit qui opposa de 1793 à 1796 les républicains aux royalistes dans l’ouest de la France. Certains historiens qualifient la répression républicaine de génocide vendéen, thèse contestée mais qui illustre la violence révolutionnaire que dénonce Xavier Moreau.
Anticléricalisme : Idéologie hostile à l’influence du clergé et de l’Église dans la société. En France, l’anticléricalisme républicain s’est manifesté par les lois laïques de la Troisième République, perçues par leurs opposants comme une persécution religieuse.
Colonialisme républicain : Expression désignant la participation active de la Troisième République française à l’expansion coloniale, en contradiction avec les principes universalistes proclamés. Jules Ferry incarne cette contradiction entre républicanisme et impérialisme.
Totalitarisme : Système politique où l’État exerce un contrôle total sur la société et ne tolère aucune opposition. Le XXe siècle a connu des totalitarismes de droite (nazisme, fascisme) et de gauche (stalinisme, maoïsme). La gauche française est accusée par Moreau d’avoir excusé les seconds tout en dénonçant les premiers.
Souveraineté nationale : Principe selon lequel l’État-nation détient le pouvoir suprême de décision sur son territoire. L’abandon progressif de la souveraineté au profit de l’Union européenne est présenté par l’auteur comme une trahison des élites de gauche.
Progressisme : Idéologie fondée sur la croyance au progrès continu de l’humanité, impliquant une transformation permanente de la société vers un idéal d’émancipation. Xavier Moreau critique le progressisme comme masque idéologique justifiant toutes les violences.
Guerre mémorielle : Conflits d’interprétation sur l’histoire et la mémoire collective, opposant différentes lectures du passé selon des enjeux politiques contemporains. Le débat sur la colonisation, la Révolution ou la Résistance relève de ces guerres mémorielles.
FAQ : Les Questions Essentielles
Le livre est-il un pamphlet ou un travail historique rigoureux ?
C’est une contre-histoire militante qui s’appuie sur des faits historiques réels mais les organise selon une logique idéologique assumée. L’ouvrage utilise des notes de bas de page et des références, mais dans un objectif polémique plutôt qu’académique. Il ne cherche pas l’objectivité scientifique mais la cohérence argumentative au service d’une thèse.
Le livre condamne-t-il toute la gauche sans nuance ?
Oui, dans une large mesure. Les distinctions internes à la gauche (socialistes, communistes, radicaux, écologistes) sont secondaires par rapport à la thèse centrale d’une continuité morale et politique depuis 1792. L’auteur identifie une matrice commune qui transcende les nuances.
Peut-il être lu par un lecteur de gauche sans provoquer un rejet immédiat ?
C’est possible, mais difficile. Le livre peut être abordé comme un miroir critique, voire hostile, permettant d’interroger ses propres certitudes et de prendre conscience d’angles morts historiographiques réels. Cependant, la virulence du propos et son absence de nuance rendent la lecture inconfortable pour quiconque s’identifie à la tradition de gauche.
L’auteur propose-t-il une alternative politique ?
Non, l’ouvrage est essentiellement critique. Il ne développe pas de projet politique positif mais se concentre sur la déconstruction du mythe de la supériorité morale de la gauche. On peut néanmoins deviner en creux les sympathies de l’auteur pour un souverainisme conservateur.
Le livre est-il fiable factuellement ?
Les faits historiques cités sont généralement avérés (Terreur révolutionnaire, colonialisme républicain, soutien au stalinisme), mais leur mise en série et leur interprétation relèvent d’un choix idéologique. L’auteur sélectionne les éléments qui servent sa thèse et minimise ou ignore ceux qui la contrediraient. C’est de l’histoire militante, pas de l’histoire universitaire.
Pourquoi un tel succès auprès d’un certain public ?
Le livre rencontre un écho chez les lecteurs qui se sentent méprisés par les élites progressistes, qui rejettent le « politiquement correct », ou qui cherchent une explication globale à leur malaise face au discours dominant. Il offre une grille de lecture simple et cohérente, validant des ressentiments préexistants.
L’ouvrage relève-t-il de l’extrême-droite ?
Xavier Moreau est régulièrement classé à l’extrême-droite par ses détracteurs, notamment en raison de ses positions pro-russes et de ses liens avec certains milieux nationalistes. L’auteur récuse cette étiquette et se présente comme un souverainiste attaché à la nation française. La préface de Yannick Jaffré, figure du Collectif Racine, ancre l’ouvrage dans une mouvance conservatrice critique de la modernité progressiste.
Personnalités Historiques Évoquées
Maximilien Robespierre (1758-1794) : Figure centrale de la Révolution française, membre du Comité de salut public, principal artisan de la Terreur. Symbole pour Xavier Moreau de l’idéalisme meurtrier de la gauche révolutionnaire, qui justifie la violence au nom de la vertu républicaine.
Jules Ferry (1832-1893) : Homme politique français, figure républicaine majeure, père des lois sur l’école laïque gratuite et obligatoire. Moreau souligne le paradoxe entre son progressisme éducatif et son colonialisme assumé, illustrant l’hypocrisie républicaine dénoncée dans l’ouvrage.
Jean Jaurès (1859-1914) : Leader socialiste français, pacifiste assassiné en 1914. Bien que généralement respecté même à droite, il est présenté par Moreau comme le fondateur d’une gauche qui se pense supérieure moralement, posture qui autorisera ensuite tous les excès.
Maurice Thorez (1900-1964) : Secrétaire général du Parti Communiste Français de 1930 à 1964. Figure centrale de l’alignement du PCF sur Moscou, il passa la Seconde Guerre mondiale en URSS après avoir déserté l’armée française. Moreau y voit un exemple de trahison nationale au nom de l’idéologie.
François Mitterrand (1916-1996) : Président de la République française de 1981 à 1995, premier président socialiste de la Ve République. Moreau critique son virage libéral de 1983 (tournant de la rigueur) comme trahison des promesses socialistes et début de la déconnexion entre la gauche et le peuple.
Guy Mollet (1905-1975) : Président du Conseil en 1956-1957, socialiste qui intensifia la guerre d’Algérie tout en se réclamant du progressisme. Incarnation pour Moreau du colonialisme de gauche et de l’écart entre discours humaniste et pratique répressive.
Liens Utiles
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Site Stratpol : Plateforme d’analyse géopolitique fondée par Xavier Moreau – www.stratpol.com (accès aux analyses et bulletins réguliers)
Collectif Racine : Site de l’association présidée par Yannick Jaffré, préfacier de l’ouvrage, pour approfondir les positions éducatives conservatrices
« Le Livre Noir du Communisme » : Ouvrage collectif de référence (1997) qui a inspiré le genre des « livres noirs » politiques, pour contextualiser la démarche de Xavier Moreau
Articles critiques sur Xavier Moreau : Consulter les analyses de Conspiracy Watch, Desk Russie et Wikipedia pour des perspectives critiques sur l’auteur et ses positions
Chaîne alternative de Stratpol : Après la suppression de sa chaîne YouTube, Xavier Moreau diffuse ses analyses sur Odyssée et Rumble
