« Qui sont les Blancs ? » (2025) : critique nuancée de l’essai controversé de Julien Rochedy sur l’identité européenne. Thèses, débats, limites et enjeux politiques. Lire avant de se forger une opinion !

Critique, analyse et débats autour d’un livre qui interroge les tabous de notre époque


Et si l’identité blanche était bien plus qu’un tabou ?

Et si la « blancheur » n’était ni une insulte ni une malédiction, mais une histoire méconnue, une civilisation à part entière, un héritage à la fois glorieux et tourmenté ? Avec Qui sont les Blancs ? (Éditions Hétairie, septembre 2025), Julien Rochedy ose un pari intellectuel audacieux : réhabiliter l’identité blanche comme objet d’étude, et non de stigmatisation. Dans un contexte où ce sujet est soit diabolisé, soit nié, l’essai propose une généalogie longue — climatique, culturelle, spirituelle — de ce que l’auteur nomme l*« empreinte blanche »*. Mais cette démarche, aussi rigoureuse soit-elle, soulève des questions brûlantes : peut-on parler d’une identité blanche sans tomber dans l’essentialisme ? Comment concilier fierté civilisationnelle et mémoire des crimes passés ? Plongeons dans les thèses, les forces et les limites de cet ouvrage controversé mais nécessaire.


Contexte et genèse : pourquoi ce livre, pourquoi maintenant ?

Publié en septembre 2025 dans un climat politique et médiatique saturé de débats sur le privilège blanc, le racisme systémique et la repentance coloniale, Qui sont les Blancs ? s’inscrit en faux contre deux idées reçues :

  1. Les Blancs n’auraient « aucune réalité collective ou historique » (une thèse souvent avancée par les whiteness studies anglo-saxonnes).
  2. La catégorie « blanche » ne servirait qu’à désigner des responsabilités, jamais à célébrer un héritage.

Rochedy, ancien cadre du Front National devenu essayiste, entend dépasser la culpabilité pour explorer une identité complexe, fragmentée, mais réelle. Son approche ? Une traversée de l’histoire européenne, de la préhistoire à la modernité, en passant par les hivers glaciaires, les cavaliers indo-européens, la Grèce antique, le christianisme, et les Lumières.

« Comprendre comment un même peuple, aux mille variations, s’est métamorphosé sans jamais cesser d’être lui-même. » — Julien Rochedy, Qui sont les Blancs ?


Architecture de l’ouvrage : une « odyssée blanche » en 5 actes

Rochedy structure son essai comme une archéologie de l’identité européenne, articulée autour de strates historiques et culturelles :

1. Préhistoire et empreinte glaciaire

  • Hypothèse climatique : Les hivers rigoureux auraient forgé des traits psychologiques et sociaux (anticipation, coopération, technicité).
  • Adaptation = survie : Une civilisation née de la maîtrise de l’environnement et de l’effort collectif.

2. Matrice indo-européenne

  • Peoples des steppes : Diffusion de langues, mythes et hiérarchies (aristocratie guerrière, nomadisme).
  • Fondation d’une culture de l’honneur et du mérite.

3. Héritage gréco-romain

  • Rationalité, droit, impérialité : Les piliers d’une civilisation universaliste avant l’heure.
  • Quête du vrai et du beau : Un héritage toujours vivant.

4. Matrice chrétienne

  • Intériorisation morale : Sens du péché, culpabilité, mais aussi universalisme (un « paradoxe blanc »).
  • Auto-critique : Une tradition qui a aussi nourri le nihilisme moderne.

5. Modernité et crise identitaire

  • Renaissance, Lumières, industrialisation : Apogée de l*« empreinte blanche »*.
  • Après 1945 : Effacement mémoriel, culpabilité collective, et dissolution symbolique de l’identité européenne.

Structure optimisée de l’article

TraitExemple historiqueRisque d’essentialisation ?
RationalitéPhilosophie grecque, sciences modernesOui (diversité des rationalités)
IndividualismeDroit romain, capitalismeNon exclusif à l’Europe
UniversalismeChristianisme, droits de l’hommeAmbivalent (exclusion/inclusion)
Moralité intérioriséeCulpabilité historiquePeut virer à l’auto-flagellation

Lecture critique : forces, vertus… et écueils

✅ Points forts

  • Clarté pédagogique : Un essai accessible, loin du jargon universitaire.
  • Perspective longue : L’Europe comme civilisation continue, et non comme un agrégat de nations.
  • Audace intellectuelle : Oser poser la question de la blancheur dans un débat miné par les tabous.

⚠️ Limites et controverses

  • Essentialisation : Risque de gommer la diversité des peuples européens (Slaves, Celtes, Méditerranéens…).
  • Déterminisme historique : Une vision parfois trop linéaire de l’histoire.
  • Récupération politique : Certains y voient un tremplin pour l’extrême droite, malgré les dénégations de l’auteur.

« Rochedy évite le piège du suprémacisme, mais son essai peut être lu comme une réhabilitation de l’identité blanche en temps de crise. »Libération, octobre 2025


Perspective politique : outil de débat ou manifeste identitaire ?

  • Métapolitique, pas militant : Rochedy ne propose pas de programme, mais une réflexion sur l’enracinement.
  • Double lecture possible :
    • Pour les uns : Un clarificateur dans un débat saturé de culpabilité.
    • Pour les autres : Une porte ouverte au repli identitaire.

Structure optimisée de l’article

QuestionRéponse
Le livre est-il raciste ?Non, selon l’auteur, qui rejette toute hiérarchie entre peuples. Mais certains y voient un glissement vers l’identitarisme.
À qui s’adresse-t-il ?Aux passionnés d’histoire européenne, de philosophie politique, et aux lecteurs en quête de repères identitaires.
Faut-il le lire malgré les polémiques ?Oui, avec esprit critique : un essai à confronter à d’autres perspectives (études postcoloniales, whiteness studies).

Julien Rochedy : parcours d’un essayiste controversé

  • Ancien directeur de la jeunesse du FN (2012-2014), puis conseiller municipal à Montélimar.
  • Fondateur des Éditions Hétairie (ou Éditions du Royaume), spécialisées dans les essais sur l’identité, la tradition et la critique du progressisme.
  • Autres ouvrages : Philosophie de droite, Surhommes et sous-hommes — une cohérence intellectuelle autour de la civilisation européenne.

Structure optimisée de l’article

TermeDéfinition
Empreinte glaciaireHypothèse d’un impact du climat sur la psyché européenne.
Matrice indo-européenneHéritage des peuples des steppes (langue, mythes, hiérarchies).
Dissolution symboliqueProcessus de reniement de l’identité européenne après 1945.

Mon point de vue : un livre à lire… avec prudence

Qui sont les Blancs ? est un essai stimulant, car il ose aborder un sujet interdit. Il offre des clés pour comprendre les peurs identitaires contemporaines, mais son approche essentialiste mérite d’être nuancée par d’autres lectures (voir bibliographie ci-dessous).

Je le recommande :

  • Pour : Son ambition historique, sa volonté de déconstruire les tabous.
  • Mais : À confronter avec des travaux sur le métissage, la déconstruction des races, et les mémoires coloniales.

Pour aller plus loin

Bibliographie complémentaire

  • Dans la lignée de Rochedy :
    • Philosophie de droite (Julien Rochedy, 2023)
    • Le Suicide français (Éric Zemmour, 2014)
  • Pour un contrepoint critique :
    • La Race en France (Carole Reynaud-Paligot, 2022)
    • Whiteness Studies (Richard Dyer, 1997)

Ouverture : et toi, que penses-tu ?

Cet essai t’interpelle-t-il ? Partages-tu l’idée d’une identité européenne continue, ou y vois-tu un risque de repli ?Laisse ton avis en commentaire : ton point de vue enrichira le débat !


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