« Là aussi il [Mawlid] était prêt mentalement à cette arrestation, comme il s’était aussi préparé à l’idée qu’il subirait alors le même sort que les autres Moudjahidines, c’est-à-dire qu’il aurait été humilié, battu, insulté, torturé et assassiné comme eux. Car malgré le black out total des autorités françaises sur ce sujet, lui et ses camarades avaient appris quels sévices avaient été infligés aux autres combattants arrêtés, dont certains avaient subi la torture de la baignoire et de la gégène jusqu’à ce que mort s’ensuive.
On ne sait pas au juste combien d’Algériens ont perdu la vie au cours de la lutte pour l’indépendance de leur pays, mais il est connu que 1957 a été une année particulièrement meurtrière. C’est l’année de la Bataille d’Alger, qui a vu le bouclage des quartiers musulmans de la Kasbah avec le harcèlement, les rafles, les arrestations massives et arbitraires des civils ; c’est l’année au cours de laquelle beaucoup de militants ont péri, assassinés par des tortionnaires qui n’ont jamais exprimé de remords pour leurs actes. »
(Texte extrait de « Ma jeunesse a vécu », par Naïma Amine. Script Editions)
Roman dédié à la mémoire du Chahid Mawlid Hamdad, tombé au champ d’honneur dans les Aurès en 1957
CAUSERIE LITTERAIRE N°10, Dimanche 25 Septembre 2016 à partir de 17h30 à la Galerie Saladin (Sidi Bou Saïd), pour la présentation du nouveau roman Ma jeunesse a vécu (Script Editions) de Naïma AMINE, suivi de débats-causeries autour des thèmes du livre.
