La Crise Sacrificielle du Monde Moderne Alain Pascal René Girard

📖 Quand un livre d’Alain Pascal révèle la violence cachée de notre époque « pacifiée »

Vous pensez vivre dans une société qui a dépassé la violence archaïque ? Détrompez-vous. Selon Alain Pascal dans « La Crise Sacrificielle du Monde Moderne » (Éditions du Verbe Haut, septembre 2025), nous sommes en pleine régression sacrificielle. En effet, ce qui se présente comme « progrès » masque en réalité un retour terrifiant aux mécanismes les plus primitifs de l’humanité.

Ce livre n’est pas un énième essai philosophique poussiéreux. Par ailleurs, c’est une grille de lecture radicale de notre actualité : cancel culture, idéologies victimaires, purges médiatiques, chasses aux sorcières 2.0… Tous ces phénomènes contemporains réactivent une logique ancestrale que René Girard (1923-2015) a magistralement décryptée : le mécanisme du bouc émissaire.

Découvrons ensemble pourquoi ce livre pourrait bien bouleverser votre compréhension du monde actuel.


⏱️ En Résumé

« La Crise Sacrificielle du Monde Moderne » d’Alain Pascal applique la théorie mimétique de René Girard à l’histoire moderne pour démontrer que l’abandon du christianisme ne produit pas une société pacifiée, mais réactive la violence sacrificielle sous des formes nouvelles. De la Révolution française aux totalitarismes du XXe siècle, jusqu’aux idéologies contemporaines, Pascal montre que « là où il n’y a pas de sacrifice divin, il y a des sacrifices humains ». L’ouvrage propose une relecture anthropologique et théologique de cinq siècles d’histoire occidentale, révélant le rôle unique du christianisme comme dispositif de désamorçage de la violence mimétique.


🔍 Contexte : Pourquoi ce livre surgit précisément maintenant ?

L’urgence d’une grille de lecture alternative

En 2025, nous assistons à une multiplication troublante de phénomènes qui défient les analyses conventionnelles. Premièrement, les réseaux sociaux amplifient des logiques de lynchage numérique d’une violence inouïe. Deuxièmement, les idéologies contemporaines multiplient les « ennemis » symboliques à éliminer. Troisièmement, les sociétés occidentales, malgré leur prospérité matérielle, connaissent une montée des tensions communautaires inédite.

Les outils d’analyse classiques (sociologie, économie, sciences politiques) peinent à rendre compte de cette irrationalité apparente. Cependant, une pensée minoritaire propose depuis 50 ans une clé d’interprétation d’une puissance explicative redoutable : la théorie mimétique de René Girard.

René Girard : le penseur français le plus méconnu en France

Paradoxe français : René Girard, décédé en 2015, est considéré comme l’un des plus grands intellectuels du XXe siècle aux États-Unis, enseigné dans toutes les universités américaines, mais reste largement ignoré dans l’Hexagone. Néanmoins, sa théorie du désir mimétique et du bouc émissaire offre une grille de lecture anthropologique qui traverse littérature, mythologie, histoire des religions et sciences sociales.

Alain Pascal, historien spécialisé en « contre-histoire » et en réseaux occultes, s’appuie depuis 30 ans sur Girard pour décrypter ce qu’il nomme « l’échec moderne ». En conséquence, « La Crise Sacrificielle du Monde Moderne » représente la synthèse de cette collaboration intellectuelle posthume entre deux penseurs catholiques engagés.


🧠 René Girard en 5 Minutes : La Révolution Anthropologique que Vous Ignoriez

1. Le désir mimétique : Vous ne désirez pas ce que vous croyez désirer

Contrairement à la croyance romantique selon laquelle nos désirs sont spontanés et originaux, Girard affirme une vérité dérangeante : nous désirons toujours par imitation d’autrui.

Prenons un exemple concret. Deux enfants se disputent violemment un jouet sans valeur. Pourquoi ? Parce que l’un désire ce jouet uniquement parce que l’autre le possède. En effet, le désir n’est pas suscité par les qualités intrinsèques de l’objet, mais par le fait qu’un modèle le désire.

Ce mécanisme, que Girard nomme « désir triangulaire » (sujet → modèle → objet), structure toutes nos relations. De plus, il ne se limite pas aux enfants : compétition professionnelle, mode, réseaux sociaux, stratégies marketing… Tout repose sur cette dynamique mimétique fondamentale.

2. La rivalité mimétique : Quand l’admirateur devient concurrent

Le problème survient lorsque deux individus désirent le même objet. Ainsi, le modèle admiré se transforme instantanément en rival. Par ailleurs, cette rivalité s’intensifie jusqu’à ce que l’objet initial disparaisse et que seule subsiste la confrontation pure entre les protagonistes.

Girard observe que cette escalade mimétique menace constamment les communautés humaines de destruction. Toutefois, l’humanité a trouvé une « solution » : le mécanisme du bouc émissaire.

3. Le bouc émissaire : La violence de tous contre un

Face à une crise mimétique (violence généralisée menaçant le groupe), les sociétés archaïques transfèrent spontanément toute l’agressivité collective sur un seul individu. En conséquence, le « tous contre tous » se mue en « tous contre un ».

Cette victime, le bouc émissaire, présente deux caractéristiques essentielles :

  • Semblable aux autres (pour qu’on puisse l’identifier au groupe)
  • Légèrement différente (pour qu’elle soit crédible comme cause du problème)

Lorsque la victime est éliminée, la paix revient miraculeusement. Cependant, cette paix est éphémère : la violence finira par resurgir, nécessitant un nouveau bouc émissaire.

4. Le sacré archaïque : Ritualiser la violence pour la contrôler

Les sociétés primitives ont progressivement ritualisé ce mécanisme spontané. Ainsi sont nés les rites sacrificiels : on substitue un animal à la victime humaine, on fixe des moments précis pour ces sacrifices, on encadre la violence dans des cérémonies codifiées.

Selon Girard, toutes les religions archaïques sont des tentatives de canaliser la violence mimétique. En effet, les mythes racontent toujours la même histoire : une crise, une victime, une résolution. Néanmoins, ces mythes sont racontés du point de vue des persécuteurs qui croient sincèrement à la culpabilité de la victime.

5. La révolution chrétienne : Révéler l’innocence de la victime

Et c’est ici que tout bascule. Le christianisme, selon Girard, opère une révolution anthropologique sans précédent : il révèle l’innocence de la victime.

Les Évangiles racontent la Passion du Christ comme un lynchage collectif d’un innocent. Premièrement, Jésus est accusé faussement. Deuxièmement, la foule unanime réclame sa mort. Troisièmement, les autorités religieuses et politiques collaborent à son élimination. Enfin, le récit est raconté du point de vue de la victime, et non des persécuteurs.

Cette révélation détruit le mécanisme du bouc émissaire : désormais, l’humanité sait que les victimes sont innocentes. En conséquence, le sacrifice ne peut plus fonctionner comme régulateur social.


💥 La Thèse d’Alain Pascal : L’Occident Sans Christ Revient au Sacrifice Humain

L’adage central : « Là où il n’y a pas de sacrifice divin, il y a des sacrifices humains »

Pascal reprend l’intuition girardienne et l’articule à une lecture historique de l’Occident moderne. Sa thèse peut se résumer ainsi :

Le sacrifice du Christ, unique et définitif, neutralise la violence sacrificielle humaine. Quand cette vérité disparaît de l’horizon culturel, la violence revient sous des formes d’autant plus terribles qu’elle se croit rationnelle et humaniste.

En effet, Pascal identifie trois grandes séquences historiques de cette régression sacrificielle :

1. La Révolution française : Le premier retour du sacrificiel

Contrairement au récit officiel, Pascal analyse la Révolution française comme une cérémonie sacrificielle politique. Premièrement, le régicide de Louis XVI reproduit la structure du sacrifice archaïque : une victime unique (le roi) concentre tous les maux du royaume. Deuxièmement, la Terreur multiplie les victimes expiatoires (aristocrates, prêtres réfractaires, « ennemis de la République »). Troisièmement, les rituels révolutionnaires (culte de l’Être suprême, cérémonies civiques) tentent de reconstituer un sacré sans Dieu.

Pascal montre que la Révolution ne fut pas d’abord contre le roi, mais contre le catholicisme. En conséquence, la désacralisation de l’ordre chrétien rouvre immédiatement la voie aux sacrifices humains.

2. Les totalitarismes du XXe siècle : L’industrialisation du sacrifice

Le nazisme et le communisme représentent, selon Pascal, des systèmes explicitement fondés sur la désignation et l’élimination de victimes émissaires.

D’un côté, le nazisme identifie les Juifs comme responsables de tous les maux de l’Allemagne et organise leur extermination industrielle. D’un autre côté, le communisme désigne successivement les koulaks, les bourgeois, les « ennemis du peuple » comme boucs émissaires à éliminer pour purifier la société.

Ces deux idéologies, athées et anti-chrétiennes, réactivent le mécanisme sacrificiel à une échelle inédite. Néanmoins, elles se présentent comme des « progrès » de l’humanité, comme des dépassements de l’obscurantisme religieux.

3. Les idéologies contemporaines : Le sacrifice soft mais omniprésent

Pascal prolonge son analyse jusqu’à notre époque. Certes, nous ne connaissons plus les tueries de masse des totalitarismes. Cependant, la logique du bouc émissaire structure profondément nos sociétés post-chrétiennes.

Quelques manifestations actuelles :

  • Cancel culture : élimination symbolique (mais aux conséquences réelles) d’individus accusés de transgresser les nouvelles normes morales
  • Pureté idéologique : exigence d’adhésion totale à certains dogmes progressistes, sous peine d’exclusion
  • Ennemis systémiques : désignation de groupes entiers (hommes blancs, « privilégiés », etc.) comme responsables des injustices sociales
  • Purges médiatiques : destruction de réputations par accusation publique, sans procès équitable

De plus, ces mécanismes fonctionnent exactement comme les sacrifices archaïques : désigner une victime, cristalliser la violence collective contre elle, restaurer temporairement la cohésion du groupe.


⛪ Le Catholicisme comme Barrage Anthropologique contre la Violence

Le christianisme n’est pas « une » religion parmi d’autres

Ici réside le cœur de la thèse Pascal-Girard. Le christianisme ne se contente pas de proposer une morale ou une spiritualité. En effet, il constitue un dispositif anthropologique unique capable de désamorcer la logique de la violence mimétique.

Pourquoi ? Parce que le sacrifice du Christ révèle définitivement l’innocence des victimes et rend impossible (en conscience) le recours au mécanisme du bouc émissaire.

Sacrifice divin vs sacrifices humains : Une opposition structurelle

Pascal distingue soigneusement :

  • Le Sacré chrétien : Le sacrifice unique du Fils de Dieu met fin à tous les sacrifices. Il n’y a plus besoin de victimes expiatoires puisque le Christ a porté sur lui toute la violence mimétique de l’humanité.
  • Le sacré païen : Les sacrifices archaïques qui nécessitent la répétition constante de mises à mort (animales ou humaines) pour maintenir la paix sociale.

En conséquence, abandonner le Sacré chrétien ne conduit pas à une société rationnelle et pacifiée, mais à la résurgence du sacré archaïque sous des formes modernes.

Modernité = Retour du sacrificiel déguisé en progrès

Pascal formule un diagnostic sévère : la modernité, en rejetant Dieu, ne désenchante pas le monde mais le rend plus violent encore.

Premièrement, elle se prive du seul mécanisme de neutralisation de la violence mimétique (le sacrifice christique). Deuxièmement, elle réactive les logiques sacrificielles tout en refusant de les reconnaître. Troisièmement, elle multiplie les boucs émissaires sous couvert d’humanisme et de justice sociale.

Ainsi, l’idéologie des « Droits de l’Homme », présentée comme universelle et pacificatrice, fonctionne en réalité comme une nouvelle religion séculière avec ses dogmes, ses hérétiques et ses victimes expiatoires.


📚 Pourquoi ce Livre Dérange (et Pourquoi C’est une Bonne Chose)

Une vision engagée assumée

Pascal n’écrit pas un traité académique neutre. Au contraire, son propos est ouvertement catholique et contre-révolutionnaire. De plus, il revendique une « contre-histoire » qui remet en question les récits officiels enseignés depuis deux siècles.

Certains lecteurs trouveront cette approche trop polémique. Néanmoins, cette radicalité a le mérite de la cohérence : si la thèse girardienne est vraie, alors effectivement notre lecture de l’histoire moderne doit être entièrement revue.

Une grille de lecture d’une puissance explicative redoutable

Même pour les lecteurs non-croyants ou en désaccord avec les conclusions politiques de Pascal, la théorie mimétique offre des clés de compréhension fascinantes pour décrypter :

  • Les mécanismes de foule sur les réseaux sociaux
  • Les dynamiques de groupe dans les organisations
  • Les mouvements idéologiques contemporains
  • La construction des ennemis publics
  • Les logiques de purification morale collective

De surcroît, elle propose une anthropologie réaliste qui ne cède ni à l’optimisme progressiste naïf ni au pessimisme nihiliste.

Un rappel spirituel dans un monde qui a oublié la dimension sacrée

Au-delà de l’analyse historique, ce livre opère un rappel essentiel : nos crises sont spirituelles avant d’être matérielles.

En effet, nous cherchons des solutions techniques (politiques, économiques, technologiques) à des problèmes qui relèvent de la structure même du désir humain et de la violence mimétique. Tant que nous refuserons de reconnaître cette dimension spirituelle, nous ne ferons qu’attiser les crises que nous prétendons résoudre.


🎯 À Qui S’adresse « La Crise Sacrificielle du Monde Moderne » ?

Aux chercheurs de sens dans le chaos actuel

Si vous ressentez confusément que quelque chose ne tourne pas rond dans notre époque, que la violence monte malgré les discours apaisants, que les idéologies contemporaines reproduisent les erreurs du passé qu’elles prétendent condamner… Ce livre vous donnera des outils conceptuels pour penser ce malaise.

Aux entrepreneurs et leaders en quête de grilles de lecture alternatives

Comprendre la dynamique mimétique permet de mieux saisir les mécanismes de contagion (désirs, modes, paniques), la formation des bulles spéculatives, les phénomènes de foule, les crises de réputation…

De plus, reconnaître les logiques de bouc émissaire dans les organisations aide à éviter les dérives managériales destructrices.

Aux catholiques cherchant une défense intellectuelle de leur tradition

Pascal fournit une argumentation anthropologique rigoureuse qui montre que le catholicisme n’est pas simplement une « croyance » parmi d’autres, mais un dispositif civilisationnel unique de pacification.

Ainsi, il offre aux croyants des arguments qui dépassent le simple témoignage de foi personnelle pour s’ancrer dans une analyse structurelle de l’histoire humaine.

Aux curieux de pensée radicale

Même en désaccord, la lecture de Pascal stimule la réflexion par sa radicalité assumée. En effet, elle force à questionner des évidences que nous tenons pour acquises depuis deux siècles.


🔑 Les Concepts Clés à Retenir

Désir mimétique

Le désir n’est jamais spontané mais toujours imitation du désir d’un modèle. Par conséquent, nous désirons ce que les autres désirent, créant inévitablement des rivalités.

Rivalité mimétique

L’intensification du conflit entre deux individus désirant le même objet, jusqu’à ce que l’objet lui-même disparaisse et que seule subsiste la violence pure.

Bouc émissaire

Mécanisme collectif inconscient de transfert de la violence généralisée (tous contre tous) sur une victime unique (tous contre un), restaur ant temporairement la paix sociale.

Crise mimétique

Moment où la rivalité mimétique se généralise dans une communauté, menaçant celle-ci de destruction totale.

Sacrifice archaïque

Ritualisation du meurtre fondateur : mise à mort d’une victime (humaine puis animale) pour canaliser la violence collective et maintenir l’ordre social.

Révélation évangélique

Le christianisme révèle l’innocence des victimes, détruisant ainsi le mécanisme du bouc émissaire qui ne fonctionne que tant que la culpabilité de la victime n’est pas questionnée.

Sacré païen vs Sacré chrétien

Le sacré païen nécessite la répétition de sacrifices pour contenir la violence. Le Sacré chrétien, par le sacrifice unique du Christ, met fin définitivement à cette logique.

Crise sacrificielle moderne

Selon Pascal, le retour contemporain des mécanismes de désignation de boucs émissaires dans les sociétés post-chrétiennes, sous couvert d’humanisme et de progrès.


❓ FAQ : Vos Questions Sur Girard et Pascal

René Girard était-il catholique ?

Oui. Girard s’est converti au catholicisme à l’âge de 37 ans, en 1959, pendant l’écriture de « Mensonge romantique et vérité romanesque ». Néanmoins, sa théorie mimétique se présente d’abord comme une anthropologie scientifique, applicable même par des non-croyants.

La théorie mimétique nie-t-elle la liberté humaine ?

Non. Girard reconnaît que le désir mimétique structure notre psychisme, mais nous pouvons en prendre conscience. En effet, cette lucidité permet une certaine liberté, notamment par la conversion spirituelle que propose le christianisme.

Tous les mythes racontent-ils vraiment la même histoire ?

Selon Girard, oui. Derrière la diversité des récits mythologiques, on retrouve toujours la même structure : crise communautaire, désignation d’une victime, résolution par son élimination, sacralisation post-mortem. Les variations portent sur les détails, pas sur le schéma fondamental.

Le bouc émissaire est-il toujours innocent ?

Anthropologiquement, oui. Même si la victime a commis certaines fautes, elle n’est jamais responsable de tous les maux dont on l’accuse. En effet, le mécanisme fonctionne par transfert de culpabilité collective sur un individu unique, ce qui est par définition disproportionné.

Pourquoi le christianisme est-il unique selon Girard ?

Parce que c’est la seule tradition religieuse qui raconte l’histoire du sacrifice du point de vue de la victime innocente, et non des persécuteurs. De plus, il affirme que ce sacrifice (celui du Christ) est le dernier nécessaire, mettant fin à tous les autres.

La théorie girardienne est-elle scientifiquement reconnue ?

La théorie mimétique fait débat dans le monde académique. Cependant, elle est largement enseignée aux États-Unis et influence de nombreuses disciplines : anthropologie, psychologie, littérature, économie comportementale, théologie.

Alain Pascal est-il un complotiste ?

Pascal est controversé. Ses travaux sur les « réseaux occultes » et la « contre-histoire » lui valent cette accusation. Néanmoins, sur la question spécifique de la crise sacrificielle, il s’appuie sur Girard dont les thèses sont académiquement respectées, même si débattues.

Peut-on appliquer la théorie mimétique sans être chrétien ?

Absolument. De nombreux penseurs non-chrétiens utilisent Girard pour analyser la violence, les phénomènes de foule, le marketing, la psychologie sociale. En effet, la dimension anthropologique de la théorie fonctionne indépendamment de ses implications théologiques.

La cancel culture est-elle vraiment un mécanisme de bouc émissaire ?

Pascal et de nombreux analystes girardiens le pensent. Effectivement, on observe : désignation publique d’un transgresseur, unanimité morale contre lui, exclusion sociale, restauration temporaire de la cohésion du groupe autour de nouvelles normes. Toutefois, certains objectent que la cancel culture concerne des personnalités publiques influentes, pas des victimes faibles.

Le sacrifice du Christ a-t-il vraiment pacifié l’humanité ?

C’est le paradoxe girardien. La révélation chrétienne rend impossible en conscience le recours au bouc émissaire, mais ne supprime pas le désir mimétique. En conséquence, les sociétés post-chrétiennes qui rejettent cette révélation se retrouvent désarmées face à la violence, ne pouvant ni utiliser le mécanisme archaïque (devenu inefficace) ni accepter la solution chrétienne (jugée obscurantiste).


📖 Pour Aller Plus Loin : Les Lectures Indispensables

Les œuvres majeures de René Girard

Mensonge romantique et vérité romanesque (1961) Premier livre de Girard où il expose sa découverte du désir mimétique à travers l’analyse de grands romanciers (Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust).

La Violence et le Sacré (1972) L’ouvrage fondateur où Girard développe sa théorie du bouc émissaire et du sacrifice comme régulateur de la violence mimétique dans les sociétés archaïques.

Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978) Synthèse monumentale (en dialogue avec deux psychiatres) où Girard articule pleinement théorie mimétique et révélation biblique, montrant l’unicité du christianisme.

Le Bouc émissaire (1982) Analyse des textes de persécution médiévaux (accusations contre les Juifs, etc.) pour montrer comment fonctionne le mécanisme victimaire, et pourquoi les mythes en sont des récits déformés.

Achever Clausewitz (2007) Dernier grand livre de Girard (en dialogue avec Benoît Chantre), où il applique sa théorie à l’histoire de la guerre et annonce la « montée aux extrêmes » de la violence moderne, avec dimension apocalyptique.

Les ouvrages d’Alain Pascal

L’Intelligence du Christianisme (Tomes 1 et 2) Œuvre majeure de Pascal développant sa thèse d’une « intelligence chrétienne » perdue par les clercs modernes, et montrant comment les courants ésotériques ont sapé la tradition catholique.

La Révolution des Illuminés : Les Droits de l’Homme contre Dieu Enquête sur les réseaux occultes (franc-maçonnerie, Illuminati, etc.) ayant préparé et orchestré la Révolution française, vue comme guerre de religion contre le catholicisme.

Pour une révision totale de l’Histoire (2024) Synthèse récente où Pascal propose une relecture intégrale de l’histoire moderne, identifiant la Révolution comme « parenthèse tragique » ayant précipité l’Occident dans la barbarie.

Lectures complémentaires

Jean-Claude Guillebaud – Le Principe d’humanité (2001) Pour une approche plus laïque de l’apport chrétien à la civilisation occidentale, notamment sur la notion de dignité humaine.

Bernard Perret – Divers articles sur Girard Socio-économiste ayant écrit sur l’héritage complexe et contrasté de Girard, notamment sa récupération par certains milieux politiques américains.

Hervé van Baren – Blog « L’Émissaire » Analyses d’actualité à travers la grille girardienne, montrant comment la crise sacrificielle traverse nos sociétés contemporaines.


✨ Conclusion : L’Enjeu Spirituel de Notre Époque

« La Crise Sacrificielle du Monde Moderne » d’Alain Pascal n’est pas un livre de plus sur la crise contemporaine. En effet, c’est un cri d’alerte anthropologique et spirituel.

Sa thèse centrale résonne avec une acuité particulière en 2025 : plus nous nous éloignons du sacrifice divin du Christ, plus nous retombons dans des formes de violence sacrificielle humaine, d’autant plus terribles qu’elles se croient rationnelles et humanistes.

Premièrement, ce diagnostic explique pourquoi nos sociétés « avancées » connaissent une recrudescence de mécanismes archaïques : désignation d’ennemis publics, purges morales, logiques de pureté idéologique, unanimité persécutrice.

Deuxièmement, il révèle l’impasse des idéologies modernes qui, en rejetant la dimension spirituelle de l’existence humaine, se privent du seul dispositif capable de neutraliser la violence mimétique.

Troisièmement, il rappelle aux chrétiens que leur foi n’est pas simplement une « spiritualité privée », mais porte en elle une vérité anthropologique d’une portée civilisationnelle.

Finalement, il pose la question essentielle que notre époque refuse d’affronter : nos crises sont-elles matérielles ou spirituelles ? Tant que nous chercherons des solutions techniques (politiques, économiques, technologiques) à des problèmes qui relèvent de la structure même du désir humain et de la gestion de la violence, nous ne ferons qu’aggraver les maux que nous prétendons guérir.

René Girard l’affirmait avec force : l’humanité moderne fait face à un choix radical entre l’autodestruction (l’apocalypse au sens de catastrophe finale) et la conversion à la non-violence radicale enseignée par le Christ (l’apocalypse au sens de révélation finale).

Alain Pascal prolonge cette urgence en montrant que remettre « l’église au milieu du village » n’est pas un retour nostalgique au passé, mais la condition de survie d’une civilisation qui a oublié les fondements anthropologiques de sa propre pacification.

À vous de décider si ce diagnostic vous semble pertinent pour comprendre l’état du monde en 2025. Mais une chose est certaine : après la lecture de ce livre, vous ne regarderez plus jamais les débats contemporains de la même manière.


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